LE DECLIN DE L'EXTREME DROITE ?

LA DIVISION REDUIT LE POUVOIR DE NUISANCE

Les élections municipales de 1995 avaient constitué lêapogée médiatique de la progression de l'extrême droite.
Avec une présence au second tour dans 106 des 241 villes de plus de 30 000 habitants, avec les 4 mairies conquises, l'extrême droite s'était installée dans le paysage politique local.

La division entre deux familles le FN de Jean-Marie Le Pen et le MNR de Bruno Megret semble comme on a pu le constater aux européennes avoir porté un coup terrible à la représentation des idées d'extrême droite. Ainsi, alors que le total FN + MNR dépassait 10 % des suffrages dans 126 villes de plus de 30 000 habitants en Juin 99, le FN seul parvenait à passer cette barre dans 19 villes seulement. Autant dire, que le pouvoir de nuisance de l'extrême droite risque d'être considérablement plus faible en 2001 quêen 1995.

DES SITUATIONS DIVERSES OU L'ELECTORAT D'EXTREME DROITE COMPTERA .

Pour autant, dans certaines grandes villes ou l'extrême droite a enraciné ses bons résultats, il faudra compter avec elle, ou au moins avec son électorat. C'est le cas dans 4 types de situations :

Les villes ou le FN avait fait perdre la droite.

Dans des communes comme Tourcoing, Dunkerque, Beauvais, Castres, Vienne, Romans, Creil, et en Région Parisienne, Clichy, Drancy, Viry, Livry-Gargan, Cergy, le maintien du FN avait mathématiquement fait perdre la droite. Le recul de lêextrême droite, sa division, lui permettront ils de passer la barre des 10 % synonyme de maintien.

Les villes ou le FN s'était maintenu, ou la Droite lêavait quand même emporté.

Dans certaines de ces communes, la Gauche a progressé depuis 1995 rendant l'issue du combat plus incertaine . SI dans des villes comme Avignon, Béziers, Valence, Saint Etienne, Meaux, le FN était encore en mesure de se maintenir ce qui est loin dêêtre acquis, alors la gauche pourrait plus facilement reconquérir ses villes. Ainsi à Avignon, ou un sondage crédite Elizabeth Guigou et le maire sortant de 50 % des voix chacune, alors qu'en triangulaire, la ministre des affaires sociales l'emporterait légérement.

Les villes où l'extrême droite demeure forte, et ou la Gauche peut être menacée.

Il s'agit souvent de bastions de gauche, en grande partie communiste, ou les espoirs de conquête de la droite seraient considérablement favorisés par un recul de l'extrême droite. C'est ainsi le cas à Nimes, à Evreux ou Jean Louis Debré sera candidat, à Aubagne, à La Seyne sur Mer, à Argenteuil. Mais dans ces communes de gauche ,une question demeure incertaine : lêélectorat du FN est souvent en grande partie dêorigine populaire. Retournera t il à un vote de gauche, se réfugiera t il dans l'abstention, peut il glisser de l'extrême droite à la droite ?

Les bastions du FN

Dans ces villes, l'extrême droite a combattu jusquêen 1995 pour gagner. Que fera son électorat, au premier tour privé de la perspective de victoire au second. La question se pose dans des villes comme Dreux, Mulhouse, Nice, Toulon.

LES 4 VILLES DETENUES PAR L'EXTREME DROITE

Des quatre villes détenues par l'extrême droite, Toulon semble aujourdêhui perdue pour Jean Marie Le Chevalier. En rupture de ban avec Le Pen, soutenu tardivement par Mégret, aux termes dêun bilan maigre et dêune équipe éclatée, face à une opposition solide de la gauche, une droite modérée rassemblée derriére Falco et à la concurrence de Marchiani, on ne voit pas comment Jean Marie le Chevalier pourrait être réelu.

A Vitrolles et Marignanne en revanche, la gauche qui a le potentiel electoral pour lêemporter part divisée et compromet ses chances. Si aucun front républicain ne se constitue, et si des triangulaires ont lieu Daniel Simonpieri, et Catherine Megret, peuvent conserver leurs siéges, ce qui serait un beau lot de consolation pour Bruno Megret qui revendique ces deux villes.

Enfin à Orange, le maire Jacques Bompard qui se présente comme non inscrit mais qui est resté proche de Jean Marie Le Pen, peut espérer conserver son écharpe .

Bernard SANANES pour BFM, le 23/01/2001