Lyon, un test national ?

Le scrutin municipal à Lyon sera un des test phares de ce scrutin. En effet, dans une ville qui a des problémes mais qui n'a pas d'enjeu local particulier, dans une ville où les personnalités politiques en lice n'ont pas (encore ?) de dimension nationale, il est clair que si Lyon bascule cela aura une signification nationale forte parce que cela serait le révélateur d'un mouvement politique national.

En effet, Lyon est une ville de droite modérée mais de tradition politique de droite Lyon c'est quasiment un siécle de radicalisme et de centrisme et c'est un ancrage fort à droite depuis les derniéres décennies : Ainsi, Jacques Chirac a totalisé prés de 60 % des suffrages aux présidentielles. De la même maniére aux européennes le total de droite etait de 42% soit 8 points de plus que le score national.

Certes cet enracinement a connu des reculs : En 1995 par exemple, la gauche a conquis trois arrondissements sur les 9 (les 1er, 8éme et 9éme) Le total des voix de gauche n'a cessé également de progresser 26 % au premier tour des municipales de 95, 32 au premier tour des présidentielles, 37 % aux européennes. L'évolution électorale de la ville intervient dans un contexte politique local particulier.

D'abord Raymond Barre ne se représente pas, et son bilan n'est pas attaqué par la gauche avec qui l'ancien Premier Ministre s'est bien entendu pendant ses 6 années de mandature.

Ensuite la droite est extrêmement divisée : qu'il s'agisse des séquelles des affaires Noir avec la candidature toujours maintenue d'Henri Chabert et les divisions au sein du RPR , séquelles des accord de Charles Million avec le Front National, désignation du candidat UDF, difficile tout cela fait que la droite n'aborde pas la partie dans une situation trés sereine.

Aujourd'hui il est clair que la candidature du président du Conseil Général, Michel Mercier, trésorier national de l'UDF proche de François Bayrou n'a pas suscité la dynamique escompté par ses amis. D'autant qu'elle est aujourd'hui gênée par la campagne de Charles Million dont les sondages indiquent la progression.

Cela ne fait pas les affaires du candidat UDF, car plus l'écart sera faible plus la place que Charles Million réclamera au second tour pour lui et ses amis sera forte, et donc plus le débat sur faut-il s'allier ou non avec lui exposera Michel Mercier à des choix difficiles, si bien sûr le candidat officiel de la droite est devant Charles Million. D'autant que certains des colisitiers de Michel Mercier dont Anne-Marie Comparini, dont Marie-Thérése Geoffroy Maire RPR du 5éme) ont déjà dit qu'elles ne voulaient pas d'une fusion entre les deux tours.

Autrement dit si l'écart entre les deux hommes est de 8 à 10 points, la situation est bien meilleure pour la droite que si l'écart n'est que de trois ou quatre.

Dans ce contexte, le candidat socialiste Gerard Collomb méne une campagne sereine, il a réalisé un accord de la gauche plurielle, même si cet accord semble laisser un créneau électoral à l'extrême gauche assez fort, 6-7 % dans les derniers sondages, et même si un début de rivalité semble surgir avec Jean Jacques Queyranne pour la question du cumul entre mairie de Lyon et présidence de la Courly, Gérard Collomb s'emploie notamment a conquérir l'électorat centriste qui au second tour pourrait lui donner la victoire.

 

Bernard SANANES pour BFM