Pourquoi les élections cantonales 2011 devraient vous intéresser ?

Les élections cantonales sont loin d'être le scrutin qui passionne le plus les Français. L'abstention (35% au 1er tour et 44,5% au 2nd en 2008) y est supérieure aux scores de la très médiatique élection présidentielle, dont les débats animent généralement l'ensemble de la population. Ce faible intérêt est certainement dû à une méconnaissance de nos concitoyens du rôle, pourtant très important dans leur vie de tous les jours, du Conseil Général et de ses élus.

Cependant, les élections cantonales de mars 2011 ont plusieurs raisons de susciter particulièrement votre intérêt :

« Les élections cantonales sont un tour de chauffe avant la présidentielle… »

Comme l'exprime Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, les élections cantonales 2011 constituent le dernier grand scrutin avant l'élection présidentielle de 2012. C'est donc la dernière occasion pour tous les partis politiques de mesurer et compter leurs forces. Lors de ces élections, la moitié des cantons seront renouvelés (2023 cantons) : malgré la faible participation et même leur enjeu réel est avant tout local, elles peuvent aussi être vues par les Français et les partis politiques comme une enquête d'opinion à grande échelle. Il y a fort à parier que les défaites ou victoires des formations politiques qui s'y affronteront compteront comme autant d'arguments à mettre en avant en vue de la future élection présidentielle.

Les derniers conseillers généraux

Une spécificité des élections cantonales 2011 : les conseillers généraux qui y seront élus exerceront leur mandat pour 3 ans seulement au lieu de 6. En effet, la loi du 16 décembre 2010 sur la réforme des collectivités territoriales instaurera en 2014 le remplacement des conseillers généraux et régionaux par des conseillers territoriaux, qui siègeront alors aux deux assemblées (régionales et départementales). Afin d'assurer la concomitance des élections régionales et cantonales en 2014 et élire les conseillers territoriaux, les lois du 26 janvier et du 16 février 2010 ont mis en place une mesure transitoire, qui raccourcira de 3 années le mandat des conseillers généraux élus en 2011.

Parité obligatoire

Chaque déclaration de candidature aux élections cantonale doit comporter un(e) candidat(e) principal et un(e) suppléant(e), duo pour lequel les électeurs pourront votent lors du scrutin. En cas de victoire, c'est le candidat principal qui est élu, son suppléant ne prenant sa place qu'en cas de décès ou de cumul d'un trop grand nombre de mandats. Parité oblige, les élections cantonales de 2011 innoveront : chaque dépôt de candidature se verra imposer de présenter impérativement un(e) suppléant(e) qui soit du sexe opposé à celui de son candidat.

Plus de duels, moins de triangulaires

Les Cantonales étant un scrutin uninominal à 2 tours, les candidats qui obtenaient auparavant un nombre de voix d'au moins 10 % des électeurs inscrits lors du 1er tour avaient le droit de se représenter au 2nd tour. Ce seuil, assez facilement franchissable pour les grandes formations politiques, voyait l'émergence dans de nombreux cantons des fameuses « triangulaires » du 2nd tour. La loi sur la réforme des collectivités locales de 2010 a modifié ce seuil de maintien au 2nd tour pour les élections cantonales de 2011, en l'élevant à 12,5 %. Cette modification devrait donc limiter le nombre de triangulaires au 2nd tour, et voir plus souvent s'y affronter 2 candidats au lieu de 3.

Des enjeux financiers qui pourraient peser dans la balance

Lors de ces élections cantonales 2011, les enjeux financiers pourraient bien s'inviter dans le débat, et influer sur le résultat du scrutin. En effet, avec des recettes qui n'augmentent pas (pour cause de récession économique) et la hausse des dépenses sociales (création du RSA, allocation personnalisée d'autonomie, etc.), on constate une dégradation des finances des départements. Leurs budgets se fragilisent et leurs marges de manœuvre se resserrent. En conséquence, certains départements, comme la Seine-Saint-Denis (93), reprochent à l'Etat un désengagement financier par « non-compensation » de ces charges qui leur sont transférées. Ces arguments pourraient bien profiter à l'opposition dans la campagne des Cantonales 2011, même si le gouvernement prévoit déjà des mesures pour venir en aide aux départements les plus en difficulté.

Le Conseiller Général : un élu au rôle méconnu à tort

Malgré la faible connaissance souvent observée de leur rôle, les Conseillers Généraux ont pourtant une grande influence sur le développement des départements :

  • Ils agissent en matière d'action sociale, puisqu'ils ont à leur charge d'assurer l'insertion sociale et professionnelle.
  • ils mettent en place des dispositifs d'aide au logement, et s'assure de la protection sanitaire de la famille et de l'enfance.
  • Leurs compétences s'exercent en matière d'aménagement de l'espace et de l'équipement, tel que la gestion des routes départementales, les routes nationales d'intérêt local, et les transports scolaires.
  • ils opèrent aussi en matière de développement des équipements culturels départementaux.
  • Enfin, les conseillers généraux ont un rôle primordial dans la participation financière du département dans les aides aux entreprises et au développement économique.

Ces nombreuses missions qui leur sont confiées font des Conseillers Généraux des élus très présents dans la vie locale et quotidienne des Français.

Jérôme Guyot et Marlène Bobat, FranceElectorale.com

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